Elles ont un parcours brillant, exercent leur métier avec passion et rendent hommage au lien humain-animal, chacune à leur façon. Chaque mois, découvrez un portrait de femme particulièrement inspirante. Rencontre avec Dre Mathilde Leclère, professeure titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, spécialisée en médecine interne équine.
Mathilde, lorsque tu étudiais en médecine vétérinaire, avais-tu une idée bien précise du domaine dans lequel tu désirais exercer ton métier ?
Mon idée initiale était de me diriger vers le secteur équin, parce que je montais à cheval et que j’avais une grande admiration pour le vétérinaire de l’écurie, Dr Guy Giguère. Mais, quand je suis entrée en médecine vétérinaire, les sujets traités dans les différents cours étaient tellement intéressants que j’ai décidé de garder l’esprit ouvert.
Et ton amour des chevaux est revenu… au galop!
Exactement! (rires) Il faut dire que des professeurs rencontrés durant mon parcours scolaire m’ont vraiment inspiré, dont le Dr Jean-Pierre Lavoie, que je considère comme un mentor. Il m’a, entre autres, aidé à dénicher une résidence en médecine interne des grands animaux à l’University of California, en plus de me faire participer à des projets de recherche.
Aujourd’hui, tu es professeure en médecine interne à la Faculté de médecine vétérinaire. À quoi ressemble ton quotidien ?
À mon grand bonheur, c’est très varié. Pour te donner une idée, un tiers de mon travail consiste en l’enseignement clinique et le service aux clients, un tiers concerne la recherche, la rédaction et les conférences, et enfin, le dernier tiers est consacré à l’enseignement en classe. Il y a quelque chose de très enrichissant à porter différents chapeaux au sein d’un même poste, puisque chaque tâche nourrit l’autre.
Peux-tu nous donner un exemple ?
Bien sûr. Lorsque je donne des cours, je transmets non seulement mon expérience à mes étudiants, mais ces derniers poussent ma réflexion plus loin grâce à leurs nombreuses questions… car je me dois de trouver les réponses! (rires)
Pour ce qui est de tes travaux de recherche, sur quels sujets travailles-tu ?
J’étudie les interactions entre le microbiome digestif et l’inflammation pulmonaire dans l’asthme chez le cheval. J’étudie également différents traitements pour cette maladie chronique, qui affecte à la fois les chevaux âgés et les jeunes athlètes. Je ne me verrais pas me consacrer uniquement à la recherche, à la clinique ou à l’enseignement. Mon bonheur se trouve dans la combinaison des trois.
À quoi ressemblent tes grands patients ?
Mes patients sont presque exclusivement des chevaux, et à l’occasion, des mules et des ânes. À l’époque de mes études, il y avait encore beaucoup de chevaux de course de race standardbred. Des bêtes travaillantes, dociles et prévisibles. Aujourd’hui, je vois des chevaux provenant autant du monde classique que western, ainsi que d’immenses chevaux de trait autant que des miniatures. Et qui dit diversité de chevaux, dit diversité de clients, avec des expériences bien différentes, mais un point en commun : ils adorent leur animal, le lien humain-cheval étant unique!
Chaque vétérinaire possède quelques cas particulièrement marquants. Quel est le premier qui te vient en tête ?
Difficile de choisir. Récemment, une propriétaire m’a écrit, tout simplement pour me dire que son cheval était en super forme. J’ai trouvé ça hyper touchant, parce que, lorsque nous recevons des chevaux en clinique, ils ont des problèmes de santé. Nous les rencontrons à un moment critique de leur vie et nous n’avons pas toujours de leurs nouvelles par la suite. Alors, savoir que nos traitements ont fait une différence, que nous avons remédié à la situation, ça fait toujours chaud au cœur.

