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Les médicaments pour les maladies cardiaques chez le chien et le chat

Dre Evelyne JoubertDre Evelyne Joubert

Lorsque votre vétérinaire vous annonce que votre chien ou votre chat présente un souffle cardiaque ou une maladie du cœur, il est normal de vous inquiéter. Plusieurs propriétaires pensent immédiatement à la chirurgie ou à des interventions lourdes, comme chez les humains. Pourtant, chez les animaux de compagnie, ce n’est généralement pas le cas.

La plupart des maladies cardiaques chez nos amis poilus se traitent avec des médicaments, et non avec de la chirurgie. Ceux-ci ne guérissent pas la maladie, mais permettent de ralentir son évolution, de retarder l’insuffisance cardiaque et d’améliorer la qualité de vie de l’animal.

Pour bien comprendre le rôle de ces médicaments, voyons ensemble comment fonctionne la maladie cardiaque et quels sont les traitements les plus couramment utilisés.

Les médicaments utilisés chez les animaux cardiaques

Au début d’une maladie cardiaque, le corps tente de compenser et le cœur s’adapte du mieux qu’il peut. Le muscle cardiaque travaille alors plus fort, un peu comme s’il faisait de la musculation en continu. Avec le temps, le cœur devient plus gros, mais aussi moins efficace. Il doit alors travailler encore plus fort, ce qui crée un cercle vicieux pouvant mener à l’insuffisance cardiaque.

Le but des médicaments cardiaques est donc de réduire la charge de travail du cœur et de ralentir la progression de la maladie.

Le pimobendane

Le pimobendane est souvent le premier médicament prescrit chez les animaux cardiaques. Il s’administre généralement deux fois par jour et a grandement amélioré la longévité des patients cardiaques depuis son introduction il y a une vingtaine d’années.

Ce médicament a deux effets principaux : il aide le cœur à se contracter plus efficacement et il dilate les artères, ce qui diminue l’effort que le cœur doit fournir pour pomper le sang. Ses effets secondaires sont rares et généralement légers.

Les IECA (benazepril, enalapril)

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA) sont des médicaments qui aident le cœur à travailler moins fort en relaxant les artères et en diminuant la pression sanguine. En réduisant la pression contre laquelle le cœur doit pousser le sang, on espère aussi ralentir l’augmentation de la taille du cœur.

Ces médicaments sont généralement administrés une fois par jour. Ils aident le cœur à travailler moins fort. On dit parfois que ce sont des médicaments « des beaux jours », ce qui signifie qu’on les donne seulement lorsque l’animal est alerte et a bon appétit. Dans le cas contraire, il est préférable d’arrêter le médicament pendant quelques jours, puis de le reprendre lorsque l’animal va mieux.

Les bêta-bloqueurs (atenolol, sotalol)

Les bêta-bloqueurs (ou bêtabloquants) sont surtout utilisés lors d’hypertension artérielle et d’arythmies (dérèglement du rythme cardiaque). On les donne une fois par jour. Ils diminuent la pression sanguine et ralentissent le rythme cardiaque, ce qui réduit la charge de travail du cœur.

Encore une fois, l’objectif est le même : aider le cœur à travailler moins fort afin de retarder l’insuffisance cardiaque. Malheureusement, il arrive souvent que la maladie cardiaque soit diagnostiquée lorsque l’animal est amené en consultation pour des difficultés respiratoires, alors qu’il est déjà en insuffisance cardiaque.

Les diurétiques (furosémide, spironolactone)

Quand la maladie cardiaque est plus avancée, le cœur n’arrive plus à pomper le sang correctement. On parle alors d’insuffisance cardiaque. Une complication fréquente et grave est l’œdème pulmonaire, aussi appelé « eau sur les poumons ». Elle peut provoquer une respiration rapide, de la toux ou de la difficulté à respirer. La vie de l’animal peut alors être en danger, selon la sévérité de l’œdème. 

Les diurétiques permettent d’éliminer l’excès de liquide et améliorent souvent rapidement la respiration et le confort de l’animal. Ils peuvent être administrés une à quatre fois par jour selon la gravité de la condition. Il est important de toujours donner la dose minimale efficace, car une dose trop élevée pourrait entraîner une déshydratation, ce qui n’est évidemment pas souhaitable.

Même si le diagnostic d’une maladie cardiaque est toujours une mauvaise nouvelle, il est important de savoir que beaucoup d’animaux cardiaques vivent encore longtemps avec une bonne qualité de vie, surtout lorsqu’ils reçoivent la médication appropriée et sont suivis régulièrement par leur vétérinaire.

Elle signe ce texte

Propriétaire associée du regroupement de 10 établissements vétérinaires que sont l’Hôpital vétérinaire Le Gardeur, l’Hôpital vétérinaire de Montréal, l’Hôpital vétérinaire du Nord, la Clinique vétérinaire 440, la Clinique vétérinaire Lac St-Louis, la Clinique vétérinaire Dollard, la Clinique vétérinaire Animomédic et la Clinique vétérinaire de Beaconsfield, Dre Joubert pratique au quotidien depuis 2011, à l’Hôpital vétérinaire Le Gardeur. Elle pratique auprès des chats et chiens mais aussi des petits mammifères de compagnie, des oiseaux – dont les poules – et des reptiles. Diplômée du doctorat de médecine vétérinaire en 2005, Dre Joubert est aussi détentrice d’un BAC en Sciences biomédicales (2000) et poursuit ses études en gestion, au HEC de Montréal (2020). Elle plus de siéger sur plusieurs comités, Dre Joubert est juge bénévole depuis de nombreuses années pour les finales régionales des expos-sciences de la rive-nord de Montréal.

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