Chers amis des animaux,
Que vous soyez un lecteur ou une lectrice fidèle du magazine web Flair & cie, que vous fréquentiez l’un de nos établissements vétérinaires ou que vous découvriez nos contenus sur la santé animale au hasard de vos recherches sur le web, j’aimerais vous adresser une demande toute particulière.
Mais avant tout, je veux simplement vous dire merci.
Chaque jour, nous recevons des messages de lecteurs et de lectrices qui nous remercient pour un article, une information utile ou simplement pour les avoir aidés à mieux comprendre la santé de leur animal. Aujourd’hui, nos contenus rejoignent des dizaines de milliers de personnes chaque mois. Pour un magazine francophone consacré à la santé animale, c’est un immense privilège.
Mais ce qui me rend encore plus fière, c’est la qualité des échanges que nous entretenons avec vous. En cinq ans d’existence, les commentaires négatifs se comptent sur les doigts d’une main. Ensemble, nous avons bâti une communauté curieuse, respectueuse et profondément bienveillante.
C’est justement pour cette raison que je me permets aujourd’hui de faire appel à vous.
Au cours des dernières semaines, les médias ont rapporté une réalité préoccupante : près de 70 %, des médecins vétérinaires disent avoir été victimes d’incivilités dans le cadre de leur travail. Les techniciennes et techniciens en santé animale, les réceptionnistes et les autres membres des équipes vétérinaires vivent eux aussi de plus en plus de situations difficiles.
Il faut absolument renverser cette tendance. D’abord pour les humains, bien sûr. Mais aussi pour les animaux, qui sont les premiers à subir les conséquences de ces tensions.
Au cours de ma carrière de médecin vétérinaire, deux souvenirs m’ont particulièrement marquée.
Le premier remonte à une urgence où un chat était dans un état critique. Pendant que je tentais de le stabiliser, son propriétaire me criait dessus et m’adressait des paroles extrêmement dures.
À un moment donné, je lui ai simplement dit : « Monsieur, vous me faites perdre mes moyens. J’ai besoin de toute ma tête présentement pour soigner votre chat. »
Je le pensais sincèrement.
Dans une situation d’urgence, chaque minute compte. Chaque décision exige toute notre concentration. Lorsqu’un membre de l’équipe vétérinaire est déstabilisé par l’agressivité ou les insultes, ce sont les soins qui risquent d’en souffrir.
Je me souviens aussi d’une chirurgie réalisée en urgence, après les heures d’ouverture de la clinique.
Un chien avait avalé un corps étranger. Une partie de son intestin était déjà nécrosée et j’ai dû la retirer. C’était une intervention longue, très technique et exigeante. L’anesthésie avait été instable, l’animal souffrait depuis longtemps et, douze heures plus tard, il serait décédé. Cette chirurgie lui a sauvé la vie.
S’il avait dû être transféré dans un centre d’urgence, les coûts auraient été beaucoup plus élevés pour sa famille. À la fin de l’intervention, j’étais heureuse. Fière du travail accompli par toute l’équipe.
Lorsque j’ai appelé le propriétaire, je m’attendais à des remerciements, à des questions sur la chirurgie ou sur les soins postopératoires.
Sa première réaction a été de m’insulter en raison du coût de l’intervention. J’ai pleuré ce jour-là.
Je comprends que les soins vétérinaires s’accompagnent souvent d’émotions intenses. L’inquiétude, la peur, les contraintes financières ou encore de mauvaises expériences passées sont bien réelles. Personne ne remet cela en question.
Mais il est essentiel d’en parler.
Parlez avec votre équipe vétérinaire de vos limites financières, de vos inquiétudes, de vos attentes, de vos priorités ou de vos expériences passées. Dites-nous ce qui vous fait peur. Dites-nous ce qui vous préoccupe. Dites-nous ce qui mérite d’être expliqué davantage. Tout peut se discuter, s’expliquer, et se comprendre.
À une seule condition : que les échanges se déroulent dans le respect.
Je vous encourage également à envisager de prendre une assurance santé pour votre animal. Elle vous offrira une précieuse tranquillité d’esprit. Elle ne fera pas disparaître les émotions lorsque la maladie s’invitera dans sa vie, mais elle vous permettra de prendre des décisions en fonction des besoins de votre compagnon, sans que les considérations financières deviennent le seul facteur déterminant.
Lorsqu’un propriétaire n’ose plus consulter par crainte des coûts, du jugement ou d’une mauvaise expérience, ou lorsqu’une relation devient conflictuelle, le plus grand perdant n’est ni le client ni l’équipe vétérinaire. C’est l’animal.
Aujourd’hui, je vous demande donc de continuer à offrir à votre équipe vétérinaire la même relation respectueuse et bienveillante que celle que vous avez naturellement bâtie avec nous au fil des années en nous suivant sur Flair & cie.
Offrons à nos animaux ce qu’ils méritent le plus : le meilleur de nous-mêmes.


