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2024, l’année de la gentillesse avec les équipes vétérinaires

Clinique / 2024, l’année de la gentillesse avec les équipes vétérinaires
lucie henault

Amoureux des animaux, et si, ensemble, on faisait de 2024 l’année de la bienveillance envers les équipes vétérinaires, pour faire une vraie différence ? En tant que médecin vétérinaire et gestionnaire d’un groupe d’établissements, je m’inquiète et me désole de l’intimidation dont les équipes sont la cible, sur le web ou en clinique. 

 

Nous avons de la chance, notre webzine Flair et cie ne connaît pas l’intimidation. Les échanges y sont toujours respectueux et enrichissants. Notre équipe en est très fière et cela la rend confiante en l’avenir. Au fil des ans, nous avons pourtant abordé des sujets polarisants et sensibles comme la dépression et le suicide chez les vétérinaires, les coûts des services ou encore la marche à suivre si on pense qu’un professionnel a commis une erreur médicale. Mais il n’y a jamais eu de dérapage. C’est pourquoi je fais appel à vous, lecteurs bienveillants et assidus du webzine Flair & cie : répandons la gentillesse. 

Notez bien que la très grande majorité de nos clients en établissements vétérinaires sont agréables. Ce sont des gens qui aiment les animaux et qui aspirent à bâtir une relation de confiance avec leur équipe vétérinaire. Ils sont capables de discuter franchement de tous les sujets ayant trait aux soins de leurs animaux, y compris des contraintes budgétaires. Mais il y a les autres… 


Des débordements qui nuisent à la profession

Cela va peut-être vous surprendre, mais il arrive que des employés d’établissement vétérinaire doivent appeler la police parce que des clients les intimident, au point où ils en viennent à craindre pour leur sécurité. Certains clients peuvent également se montrer irrespectueux envers le personnel. Un monsieur pressé insiste pour payer avant un autre parce que sa voiture est stationnée en double, une cliente invective la réceptionniste parce que la nourriture de son chien est en rupture d’inventaire, un client au téléphone crie après la réceptionniste parce que le vétérinaire ne l’a pas rappelé assez vite selon lui : tous ces exemples font malheureusement partie de la vie en clinique. 

 

Nous aimons profondément notre métier, mais il est en soi stressant, nul besoin d’en rajouter. Notre quotidien est fait de maladies, d’accidents, d’émotions à gérer, de dépenses imprévues, de peine, de désaccord entre deux propriétaires d’un même animal sur les soins à offrir, de demandes d’euthanasie de convenance, de manque de personnel, et j’en passe. 

 

Heureusement, le monde vétérinaire tend à s’améliorer et prend conscience qu’il est important d’encadrer et de soutenir les efforts en santé mentale. Je salue ces efforts qui vont dans la bonne direction et tous ceux qui s’impliquent pour faire changer les choses. 

 

Un milieu de travail sain

Pour accomplir leur travail, prendre soin de votre animal et vous accompagner à travers des périodes parfois difficiles, nos équipes doivent évoluer dans un climat de confiance et de respect. Bien sûr, en tant qu’employeurs, mes associées et moi, avons une politique de tolérance zéro envers la violence verbale ou physique. Et oui, il nous arrive de refuser de servir un client irrespectueux ou violent. Reste que ce sont des moments ardus et éprouvants pour toute l’équipe.  

Les gens qui choisissent de travailler en établissement vétérinaire, même les réceptionnistes et les assistants qui n’ont pas suivi de cours spécialisé dans le domaine, le font par amour des animaux.

Pensez-y. Soyez indulgent et gentil. 

Elle signe ce texte

Fondatrice du magazine web Flair & Cie, Dre Lucie Hénault est médecin vétérinaire et propriétaire avec 7 associées, de 8 établissements vétérinaires dans la grande région de Montréal. Dre Hénault est gestionnaire de l’Hôpital vétérinaire de Montréal, à Westmount.