Le pyomètre est une infection grave et potentiellement mortelle de l’utérus qui touche les femelles non stérilisées. On estime qu’environ une chienne intacte sur quatre développera un pyomètre au cours de sa vie. Il s’agit donc d’une affection fréquente et sérieuse, qui nécessite une prise en charge vétérinaire rapide.
Qu’est-ce que le pyomètre et pourquoi survient-il ?
Le pyomètre est le plus souvent causé par une infection bactérienne, principalement l’Escherichia coli (E. coli), qui remonte vers l’utérus. Les symptômes apparaissent généralement un à deux mois après les chaleurs, mais peuvent parfois survenir jusqu’à quatre mois plus tard.
Toutes les chiennes non stérilisées sont à risque. Toutefois, la probabilité de développer un pyomètre augmente avec l’âge. L’âge moyen au moment du diagnostic se situe autour de neuf ans. Au fil des cycles hormonaux, la paroi interne de l’utérus subit des changements qui la rendent progressivement plus vulnérable aux infections.
Les symptômes du pyomètre : les signes qui doivent alerter
Les manifestations cliniques varient selon l’ouverture ou la fermeture du col de l’utérus.
Pyomètre à col ouvert : on observe un écoulement anormal à la vulve (pus, liquide rosé ou jaunâtre et épais). Les symptômes généraux peuvent être un peu moins sévères.
Pyomètre à col fermé : aucun écoulement externe n’est visible, mais la maladie est généralement plus grave, car l’infection reste confinée dans l’utérus.
Peu importe le type de pyomètre, les signes généraux peuvent inclure :
- une perte d’appétit ;
- une fatigue et une baisse d’énergie ;
- une augmentation de la soif et de la quantité d’urine ;
- des vomissements ;
- une faiblesse pouvant aller jusqu’au collapse.
La plupart des chiennes atteintes présentent aussi de la fièvre, de la déshydratation et une douleur abdominale. Dans certains cas, un gonflement de l’abdomen peut être observé. Plus l’infection évolue longtemps, plus les symptômes deviennent sévères.
Comment diagnostiquer un pyomètre ?
Le vétérinaire peut suspecter un pyomètre à partir de l’historique de la chienne et de son examen clinique. Des examens complémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer le diagnostic, notamment :
- une échographie ou des radiographies permettant de visualiser un utérus dilaté et rempli de liquide ;
- une cytologie vaginale, qui consiste à examiner des cellules au microscope.
Des analyses de sang et d’urine sont également essentielles. Elles permettent d’évaluer la gravité de l’infection et son impact sur l’organisme ainsi que d’identifier d’éventuelles complications nécessitant une prise en charge prioritaire.
Le traitement du pyomètre : une urgence chirurgicale
Le pyomètre est une urgence médicale, surtout lorsqu’il s’agit d’un pyomètre à col fermé. Le traitement comprend généralement :
- une hospitalisation ;
- l’administration de fluides intraveineux ;
- l’administration d’antibiotiques ainsi que de médicaments contre la douleur et les nausées ;
- une chirurgie visant à retirer l’utérus et les deux ovaires (ovariohystérectomie).
Dans certains cas, l’infection et la déshydratation peuvent entraîner des complications touchant les reins, le foie ou d’autres organes, et conduire à des soins supplémentaires. Une rupture de l’utérus peut aussi survenir, aggravant la situation.
Dans de rares circonstances, un traitement médical sans chirurgie peut être envisagé. Cette option est toutefois réservée à des chiennes jeunes et en bonne santé destinées à la reproduction, et présentant un pyomètre à col ouvert. Même dans ces conditions, les risques demeurent importants et ce type de traitement est peu recommandé.
Pronostic : quelles sont les chances de guérison ?
Sans traitement, le pyomètre est le plus souvent fatal, car l’infection dépasse les capacités de défense de l’organisme et peut se propager à tout le corps.
Avec un traitement chirurgical rapide, la majorité des chiennes retrouve une vie normale.
Les traitements médicaux seuls sont associés à un taux élevé de récidive, d’échec thérapeutique et d’effets secondaires, ce qui mène fréquemment à une chirurgie ultérieure.
Il est important de souligner que plus l’intervention est précoce, meilleur est le pronostic. Les chiennes présentant une infection généralisée ou une rupture de l’utérus ont un pronostic plus réservé.
Prévention du pyomètre : protéger sa chienne à long terme
La stérilisation, soit le retrait des deux ovaires, avec ou sans l’utérus, est le seul moyen de prévenir complètement le pyomètre chez la chienne. Elle constitue une mesure de prévention efficace et sécuritaire pour protéger sa santé à long terme. Parlez-en à votre vétérinaire!
