L’anatomie et la physiologie comparées occupent une place importante en médecine vétérinaire. Comprendre comment les différences de structure et de fonctionnement entre les espèces influencent leur quotidien et leurs comportements est à la fois fascinant et enrichissant. Pour votre information, et pour le plaisir, voici quelques faits amusants comparant certains sens clés chez les chiens, les chats et les humains.
La vision : voir le monde autrement
Les bâtonnets sont responsables de la vision nocturne et de la détection des mouvements. Chez les chiens et les chats, la majorité des photorécepteurs (c’est-à-dire des cellules sensibles à la lumière qui transforme celle-ci en signaux électriques) sont des bâtonnets. Cette particularité leur permet de mieux voir dans des conditions de faible luminosité.
Leurs yeux possèdent également une structure appelée tapetum lucidum, qui amplifie la lumière en la réfléchissant vers les bâtonnets. Chez le chat, ce tapetum est plus développé que chez le chien, ce qui en fait un véritable champion de la vision nocturne.
La perception des couleurs
La vision des couleurs dépend de la présence de photorécepteurs appelés cônes, situés sur la rétine. Chez l’humain, les cônes occupent 100 % du centre de la rétine, alors que chez le chien, ils n’en représentent qu’environ 10 %.
Les chiens et les chats ont une vision dite dichromatique, ce qui signifie qu’ils perçoivent seulement deux types de couleurs : le bleu et le jaune-vert. Les humains, quant à eux, disposent d’une vision trichromatique, leur permettant de distinguer le bleu, le vert et le rouge.
Pour illustrer ces différences*:
| HUMAIN | CHAT | |
|---|---|---|
| Concentration maximale de cônes (couleur) | 199 000 | 27 000 |
| Concentration maximale de bâtonnets (vision nocturne) | 160 000 | 460 000 |
L’odorat et le goût : différents selon les espèces
Les humains possèdent environ 5 millions de récepteurs olfactifs, tandis que les chiens et les chats peuvent en compter plus de 200 millions. Les chats semblent encore plus performants que les chiens — et que les humains — lorsqu’il s’agit de distinguer les odeurs.
Il existe trois types de récepteurs olfactifs. Le récepteur V1R est responsable de la capacité à différencier une odeur d’une autre. Les humains en possèdent deux variantes, les chiens neuf, et les chats pas moins de trente.
Du côté du goût, les chats disposent de quelques centaines de papilles gustatives (en moyenne environ 470), les chiens d’environ 1 700, alors que les humains en comptent près de 9 000. Les chiens sont sensibles au goût sucré et préfèrent souvent les aliments nouveaux et gras, un peu comme nous. Les chats, quant à eux, réagissent surtout aux saveurs salées, acides et amères, et présentent une réponse très limitée au goût sucré.
Lorsqu’on tente d’inciter un chien ou un chat à manger, l’odeur joue donc un rôle beaucoup plus important que le goût.
L’ouïe : entendre l’invisible
Les humains perçoivent des sons allant de 20 Hz à 19 000 Hz. Le chat peut entendre des fréquences de 20 Hz jusqu’à 100 000 Hz, tandis que le chien entend de 15 Hz à 65 000 Hz.
La capacité des chiens et des chats à bouger leurs pavillons auriculaires leur permet de localiser beaucoup plus précisément la provenance des sons.
Une perception du monde bien différente
Il est important de se rappeler que notre façon de percevoir le monde n’est pas la même que celle des chiens et des chats. Des odeurs très faibles ou des sons imperceptibles pour nous peuvent être particulièrement agressants pour nos compagnons à quatre pattes.
Je me souviendrai toujours d’un voyage à la plage avec mon mari. Installés à un casse-croûte extérieur, nous avions commandé des hot-dogs et des hamburgers. Nous avons offert un morceau de hamburger à un chat qui demandait de la nourriture : il l’a immédiatement refusé… mais a accepté le hot-dog ! Nous avons décidé d’écouter son avertissement et nous nous sommes finalement contentés de manger les hot-dogs.
En conclusion
Comparer les sens des chiens, des chats et des humains nous rappelle à quel point nos compagnons perçoivent le monde différemment. Leur vision, leur odorat et leur ouïe façonnent leurs réactions et leurs préférences au quotidien. Mieux comprendre ces différences nous aide à interagir avec eux de façon plus respectueuse et adaptée.
*Source : Ron Ofri, 2014


