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Portrait de personnes inspirantes : rencontre avec Dre Marie-Claude Bélanger


Ils ont un parcours brillant, exercent leur métier avec passion et rendent hommage au lien humain-animal, chacun à leur façon. Chaque mois, découvrez un portrait d’une personne particulièrement inspirante. Rencontre avec Dre Marie-Claude Bélanger. 

Par Nathalie Slight

Marie-Claude, lorsque tu as commencé tes études en médecine vétérinaire, avais-tu déjà une idée précise de ce que tu voulais faire ? Une spécialité en tête ?

C’est une très bonne question ! Quand on entre en médecine vétérinaire, on a souvent une idée en tête, puis on découvre en cours de route des domaines complètement différents. Moi, au départ, je voulais travailler avec les chevaux. J’avais déjà de l’expérience dans ce domaine, puisque j’assistais un vétérinaire équin, avant même d’entrer à la faculté.

Qu’est-ce qui t’a fait changer de voie vers la médecine interne et la cardiologie ?

Lors de ma troisième année d’études en médecine vétérinaire, alors que j’assurais des quarts de nuit à l’urgence de l’hôpital des animaux de compagnie, j’ai fait la connaissance de spécialistes, en médecine interne et en cardiologie. J’ai aussi participé à des stages dans ces domaines cet été-là et ça a été un véritable déclic pour moi.

As-tu fait des rencontres marquantes durant ce cheminement ?

Absolument. J’ai rencontré une résidente en médecine interne, la Dre Sylvie Daminet – elle est belge – qui est devenue une amie très proche. Et il y avait aussi deux mentors formidables: le Dr Rocky Dufruchia, maintenant à la retraite, et le Dr Philippe Pibarot. Philippe était clinicien en anesthésie à l’époque, tout en faisant son PhD en cardiologie humaine. Sa passion était contagieuse ! C’est vraiment lui qui m’a ouvert à la cardiologie.

C’est donc à ce moment-là que tu as décidé de te spécialiser ?

Oui. J’ai décidé de faire une résidence en médecine interne avec un fort volet en cardiologie. Philippe m’a formée en cardiologie interventionnelle, ce qui était encore tout nouveau à l’époque – on parlait d’implanter des stimulateurs cardiaques, d’opérer par cathéter, etc. Il m’a aussi mis en contact avec des chercheurs de l’Institut de cardiologie de Montréal. Ce fut un immense tournant pour moi.

Tu es donc passée des chevaux aux petits animaux. Mais travailles-tu encore avec les chevaux aujourd’hui ?

Oui, et c’est ça qui est beau ! Aujourd’hui, je ne fais que de la cardiologie, mais en lien avec toutes les espèces, dont les chevaux. D’ailleurs, notre hôpital vétérinaire est le seul au Québec à faire de la cardiologie équine. 

Dois-tu te déplacer pour examiner les chevaux, ou bien ils viennent à l’hôpital ?

Ils viennent à nous. On pourrait utiliser un échographe mobile, mais nos équipements sont très spécifiques, surtout pour examiner un cœur de cheval ! Et pour la sécurité aussi, c’est plus simple à l’hôpital, entourée de mon équipe qui est super bien formée.

Sur Internet, j’ai vu une photo impressionnante de toi qui soigne un tigre. Fais-tu aussi de la cardiologie sur les animaux exotiques ?

Oui ! Cette photo a été prise au Zoo de Granby, lors de l’examen d’un tigre qui souffre d’un souffle au cœur. Nous avons une équipe en médecine zoologique ici à la Faculté de médecine vétérinaire, alors je suis appelée à intervenir, lorsque nécessaire. Nous avons  une entente avec le Zoo de Granby, L’aquarium de Québec, et le Biodôme de Montréal. D’ailleurs, je viens tout juste de recevoir un courriel du Zoo, pour aller examiner des gorilles demain matin !

Tu fais aussi de l’enseignement. Est-ce venu tôt dans ton parcours ?

Après ma résidence, j’ai travaillé en pratique privée quelques années. J’adorais ça, mais la recherche et l’enseignement me manquaient, je suis donc retournée à la faculté. L’université nous soutient avec un centre de pédagogie universitaire, je me suis donc formée progressivement à l’enseignement. 

Pour terminer, vis-tu avec des animaux chez toi ?

Bien sûr ! Depuis l’enfance, j’ai toujours eu des golden retrievers, c’est une tradition familiale. Aujourd’hui, j’ai deux cavaliers King Charles, un mâle et une femelle. C’était « la » race que je rêvais d’avoir depuis que j’étais toute petite, à l’époque où je feuilletais des encyclopédies sur les animaux ! Ironiquement, le cavalier King Charles est la race par excellence des maladies cardiaques. Mon père me taquine souvent avec ça ! (rires)

Paraît que tu as aussi… des poules ?

Oui, j’ai quatre poules urbaines ! Elles ont chacune un nom, vivent dans un grand poulailler, et l’une d’elles a neuf ans – ce qui est exceptionnel. Elles ne sont pas arrivées comme animaux de compagnie, mais elles le sont devenues naturellement. Elles sont très sociables !

Elle signe ce texte

Communicatrice dans l’âme, Nathalie Slight collabore à de nombreux médias depuis une trentaine d’année, en tant que journaliste, chroniqueuse et spécialiste des réseaux sociaux.